|
À quoi tient la pérennité des entreprises ? Une étude Insee lève le voile
Par Valérie Talmon, le 04/03/2010
Si la création d’entreprise peut être en soi un challenge, sa pérennité se révèle être un combat de tous les jours. Selon une étude publiée par l’Insee, seule une entreprise sur deux est toujours en activité 5 ans après sa création. Ces données sont le fruit d’une enquête menée auprès des 215 000 entreprises créées en 2002 ayant participé à l'étude SINE 2002 (Système d'information sur les nouvelles entreprises), interrogées 3 ans puis 5 ans après leur création (en 2007). Premier constat : 52 % créées et interrogées en 2002 existaient toujours en 2007. Qu’est ce qui peut expliquer qu’une PME résiste mieux qu’une autre ? Selon l’Insee, plusieurs facteurs décisifs interviennent. Tout d’abord le choix du secteur d’activité : si en 2002, une entreprise créée sur quatre est issue du secteur du commerce, en 2007, seuls 46 % de ces commerces étaient toujours en activité, ce qui en fait le secteur au sein duquel les entreprises sont les moins pérennes. En revanche, avec 54 %, le taux de pérennité à 5 ans des entreprises du secteur des services aux entreprises est le plus élevé (en 2002, plus d’une entreprise sur cinq avait été créée dans ce secteur). Autre facteur de réussite, celui de l’investissement initial. Plus le créateur investit au moment de la création (installation dans des locaux, achat de matériels, constitution de stocks) plus l’entreprise a de chances d'être pérenne. Ainsi, les entreprises créées avec au moins 80 000 euros d’investissement sont, toutes choses égales par ailleurs, 1,7 fois plus souvent actives en 2007 que celles créées avec moins de 2 000 euros. Dans la réalité, 21 % des entreprises démarrent avec moins de 2 000 euros, et seulement 14 % avec au moins 40 000 euros. Si l’importance de l’investissement initial est une évidence pour certains, cela laisse planer des doutes quant à la pérennité de certaines nouvelles activités créées sans véritable investissement, notamment chez les auto-entrepreneurs. Mais bien évidemment, certains secteurs nécessitent moins de mise de fonds que d’autres, notamment dans les prestations de services. Le choix de la forme juridique apparaît lui aussi comme un facteur déterminant dans l’avenir de la PME. En effet, 59 % des sociétés étaient toujours en activité 5 ans après leur création, contre 47 % des entreprises individuelles. Le statut de société semble donc assurer une meilleure pérennité que celui d’entreprise individuelle. Bien évidemment, la création d’entreprise repose aussi sur l’expérience du créateur. En 2007, 60 % des entreprises dirigées par un créateur avec au moins dix ans d'expérience dans un métier proche de l’activité de l’entreprise existaient toujours, contre 51 % de celles où le métier du dirigeant était différent et 48 % lorsque ce dernier n'avait aucune expérience professionnelle. Six créateurs diplômés de l’enseignement supérieur sur dix étaient toujours en activité cinq ans après la création de leur entreprise. Autre information notable : le profil du créateur. Tous ne semblent pas en effet égaux face à la pérennité de leur entreprise. Les activités créées par les jeunes et les femmes semblent cesser plus rapidement. 49 % des entreprises créées par des femmes étaient toujours actives en 2007, contre 53 % de celles créées par des hommes. S’il est vrai que l’on prête aussi moins aux femmes et aux jeunes, l’étude montre que ces différences de pérennité perdurent même à moyens équivalents… "Des éléments extérieurs à l’entreprise, comme par exemple la compatibilité entre vie familiale et vie professionnelle" pourraient expliquer cette différence, indique l'Insee. Dernier facteur de pérennité relevé par l’Insee : le chiffre d'affaires et le nombre de salariés : "les entreprises dont le nombre de salariés a augmenté au cours des 3 premières années franchissent, toutes choses égales par ailleurs, 1,6 fois plus souvent le cap des 5 ans que les autres." De même, plus le chiffre d’affaires a progressé 3 années après la création, plus les chances de pérennité de l'entreprise à 5 ans apparaissent élevées.
C'est au cours de la première année d'existence que les cessations sont les plus nombreuses : 12 % des entreprises créées en 2002 ont cessé avant leur premier anniversaire. Le démarrage de l'activité est donc fondamental pour les nouvelles entreprises. Au rang des facteurs de réussite, on trouve la motivation du créateur, son accompagnement et sa formation. Créateurs : faites vous accompagner !
Point positif de cette étude : les conditions de mise en œuvre du projet priment sur le profil du créateur. Il n’y a donc pas de fatalité, la préparation du projet reste capitale !
|